Le test de Vidal n’est pas suffisamment utile pour le diagnostic

Le Dr Suzanne Belinga trouve que le test de Vidal n’est pas suffisamment utile pour le diagnostic

 

Le médecin biologiste au Centre Pasteur de Yaoundé relève les limites de l’examen couramment prescrit pour dépister la fièvre typhoïde.
Il y a actuellement une polémique sur la fiabilité du test de Vidal dans le dépistage de la fièvre typhoïde. Qu’en dites-vous ?
Le test de Vidal présente des limites. D’abord, pendant la première semaine de manifestation de la maladie, on ne détecte pas forcément les bactéries, on ne peut les détecter qu’à partir du 8ème jour. L’autre limite c’est que même lorsque les anti-corps sont présents, ils ne sont pas spécifiques. On peut découvrir d’autres bactéries qui ne sont pas les vecteurs de la fièvre typhoïde. Généralement, le paludisme est diagnostiqué comme la fièvre typhoïde. D’autre part, après avoir fait la maladie, un individu peut encore être testé positif à cause de la cicatrice sérologique qui n’est autre que la présence des anti-corps qui perdurent dans l’organisme d’un individu ayant fait la maladie. Le test de Vidal n’est pas suffisamment utile pour le diagnostic de la fièvre typhoïde.

Le problème des tests sérologiques c’est qu’il y a un délai qui s’écoule entre le moment de l’infection et le moment où la bactérie sera détectable par l’examen de laboratoire. Pour le Vidal, la plupart des laboratoires utilisent la méthode d’agglutination sur des lames. Sur cinq cas testés par ce biais, quatre sont positifs. Et ce n’est qu’une impression qui fait penser par exemple que le Cameroun enregistre un taux élevé de prévalence de la typhoïde.

Par quel moyen peut-on alors diagnostiquer de manière fiable la typhoïde ?

Lorsqu’on a de la fièvre et des céphalées, après avoir évacué l’hypothèse du paludisme, il faut faire le test d’hémoculture. Dans le sang prélevé sur un patient, au lieu de rechercher les anti-corps, on recherche plutôt les bactéries à l’origine de la maladie. Il faut huit jours pour s’assurer définitivement que le test est négatif. Mais lorsqu’il est positif, au troisième jour, les signes sont visibles à travers la multiplication rapide des bactéries dans le bouillon de culture. Il existe un autre test en tube qui est fiable par rapport à celui par agglutination sur les lamelles. Globalement, il ne faut jamais s’appuyer sur un test de Vidal pour dire qu’on a la typhoïde. Car un test de Vidal positif n’est pas synonyme de présence de typhoïde dans l’organisme, tout comme le test négatif ne signifie pas absence de typhoïde.