Une journée pour réfléchir sur la prise en charge de l’hémophilie

Tous les 17 avril, le monde commémore la journée Mondiale de lutte contre l’hémophilie, une maladie héréditaire de la coagulation sanguine due à l’absence ou au déficit d’un facteur de la coagulation qui attaque à 99.9% le sexe masculin et est transmise par la mère de façon génétique ou alors par simple mutation chromosomique. Le 17 avril 2018, le Centre Pasteur du Cameroun a accueilli dans le cadre de cette célébration une réflexion de l’Association des Hémophiles du Cameroun. Avec pour thème cette année « partager les connaissances nous rend plus fort », cette rencontre a permis, selon Serge Désiré TAKOU, président de l’association, aux participants constitués de personnes souffrants d’hémophilie et des spécialistes du secteur de la santé de tabler sur les enjeux de cette maladie rare, grave et mal connue du public au Cameroun. Au sortir de cette journée, il question de mieux faire connaître cette pathologie par la sensibilisation et le partage d’expérience des malades qui se font déjà suivre par des spécialistes, de faire savoir que les troubles à coagulation sont pris en charge au CHU de Yaoundé et à l’Hôpital Gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala, rendre le traitement accessible à tous et former le personnel médical pour améliorer la qualité de la prise en charge des malades. Le Centre Pasteur du Cameroun joue un rôle essentiel dans le diagnostic biologique de cette maladie à travers son laboratoire d’hématologie qui travail de manière proche avec l’Association des Hémophiles lorsque des cas se présentent.

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Prix du leadership feminin au Dr Bilong

Encore une fois, le Dr Catherine Bilong, chef de service de biochimie au Centre Pasteur du Cameroun, se retrouve à l’honneur. Le journal Echos santé, hebdomadaire africain bilingue, lui a remis le 03 avril 2018, le prix de l’excellence en leadership féminin. En effet, depuis deux ans, ce magazine récompense dix femmes camerounaises qui excellent par leur dynamisme, engagement, dévouement et leurs actions dans le secteur de la santé au Cameroun. Le Dr Bilong Véronique Catherine est classée 6ème sur ce top 10 avec une note de 14,75/20.

C’est sous des acclamations et des ovations du personnel du Centre Pasteur du Cameroun, de l’équipe d’Echos Santé et de Ama Tutu Muna, ancien ministre de la Culture que le Pr. Elisabeth Carniel a félicité encore une fois le Dr Bilong sur le parcours fait et le travail accompli pour la biologie médicale. Ce prix lui est décerné ce jour son élection comme première Camerounaise à être élue à l’Académie Française de Pharmacie.

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Deux chercheurs du RIIP au Centre pasteur du Cameroun

Du 9 au 10 avril 2018, Dr Hans Hagen et Dr Eileen FARNON étaient en visite au Centre Pasteur du Cameroun. Travaillant pour des projets logés au sein du Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP), nos deux visiteurs ont procédé au CPC à la présentation de leurs projets respectifs. Dr HAGEN est en charge d’un projet ambitieux de renforcement des capacités panafricain du RIIP et de recherche de financements pour son implémentation. Sa visite avait pour objectif de mieux cerner les priorités de recherche au niveau institutionnel, tout autant que les priorités et les intérêts spécifiques en matière de formation. Pour avoir une meilleure visibilité des besoins en vue de nourrir son plan d’action, il a procédé à des échanges en plénière à l’issue de sa présentation et en aparté avec des cadres scientifiques, les chercheurs et les étudiants. Les principales discussions portaient sur le soutien à la recherche attendu au CPC, les principales contraintes pour la recherche et la formation, notamment le financement, l’acquisition de compétences, l’enseignement, l’infrastructure et l’accès à l’équipement, les problèmes liés à l’employabilité après la formation.

Quant au Dr FARNON, elle est en charge du Groupe de travail pour la réponse aux épidémies. Sa mission est de mettre en place une coordination de la participation des scientifiques du RIIP aux ripostes internationales lors des épidémies dans les pays. Après la présentation de son projet, il s’en est suivi des rencontres avec les services du CPC impliqués dans les activités de surveillance.

Nos deux visiteurs ont terminé leur séjour par des rencontres avec des institutionnels du Ministères de la Santé publique et des responsables des Ecoles doctorales de L’université de Yaoundé I.

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Emergence Virale en Afrique Centrale

Le Chef d’Unité d’Epidémiologie et Physiopathologie des Virus Oncogènes à l’Institut Pasteur de Paris a débattu avec les scientifiques du CPC et discuté de ses récents travaux qui ont porté sur l’ « Emergence Virale en Afrique Centrale: Nouveaux Rétrovirus Humains et Importance des Transmissions Inter-espèces des Singes aux Hommes ».

Le Professeur Antoine GESAIN, Médecin, Virologiste et Chef de l’Unité d'Epidémiologie et Physiopathologie des Virus Oncogènes à l’Institut Pasteur de Paris a donné une conférence le lundi 26 Mars 2018 entre 15h et 16h 30 dans la salle de conférence du Centre Pasteur du Cameroun. Cette conférence portait sur le thème: « Emergence Virale en Afrique Centrale: Nouveaux Rétrovirus Humains et Importance des Transmissions Inter-espèces des Singes aux Hommes ». Une thématique familière aux activités de recherche du Centre Pasteur du Cameroun.

Au cours de cette conférence, l’orateur est revenu sur les concepts, étapes et facteurs d’émergence ou de ré-émergence des agents pathogènes. La plupart des agents viraux pathogènes qui ont émergé chez l’homme au cours des dernières décennies a une origine animale. Après le franchissement initial de la barrière d’espèce par ces virus à ARN, ils se sont adaptés à leur nouvel hôte humain par divers mécanismes évolutifs qui nécessitent la conjonction de plusieurs conditions épidémiologiques. Par la suite, ces virus émergents ont pu diffuser et se disséminer au sein de la population humaine par les aérosols, les contacts directs, le transmissions sexuelle et de la mère à l’enfant. Si les stratégies évolutives et les modes de propagation des virus émergents et re-émergeants sont bien documentés, les toutes premières étapes fondatrices de l’émergence virale demeurent quasiment inconnues.

La proximité génétique entre les humains et les Primates Non Humains (PNH), et particulièrement les grands singes, fait de ces derniers une source potentielle d’agents infectieux transmissibles à l’espèce humaine. En effet, il a été démontré au cours de son exposé que des rétrovirus tels le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et les virus T lymphotropes humains (HTLV) ont émergé dans la population humaine à partir des transmissions singe-homme du virus de l’immunodéficience simienne (SIV) et des virus T lymphotropes simiens (STLV), respectivement.

Le Professeur Gessain et son équipe ont contribué à la découverte et la caractérisation d’un nouveau rétrovirus humain, l’HTLV-3 qui provient également de la transmission homme-singe du STL-3 en Afrique centrale. A la suite de cette découverte, les travaux de l’équipe du Pr Antoine Gessain se sont focalisés sur des populations à haut risque de transmission homme-singe des agents pathogènes. Pendant une dizaine d’années, des enquêtes ciblant des chasseurs de PNH en Afrique centrale ont permis de mieux comprendre la transmission singe-homme des rétrovirus STLV-1/HTLV-1 et des foamy virus simiens. Ces travaux interdisciplinaires, réalisés en collaboration par l’Institut Pasteur à Paris et des centres de recherche locaux ont porté sur des

populations villageoises d’origine Bantous et Pygmées principalement dans la grande forêt équatoriale du sud Cameroun et du Gabon.

Ils ont pu ainsi démontrer que des chasseurs mordus par un singe (gorille, chimpanzé ou Cercopithecidae) sont environ 6 fois plus souvent infectés par l’HTLV-1 que les chasseurs non mordus vivant dans le même environnement. Par conséquent, une morsure sévère par un singe, surtout par un gorille, est un facteur de risque important pour une infection par l’HTLV-1. Par ailleurs, l’infection par l’HTLV-1 ou le foamy virus simiens augmente significativement avec la gravité de la morsure. Les études menées par le Pr Gessain ont permis de documenté des transmissions très récentes des foamy virus simiens à l’homme dans le sud du Cameroun. Ces foamy virus détectés chez des humains mordus étaient quasiment identiques à ceux circulant dans les espèces de PNH responsables des morsures.

La documentation des cas récents de contacts et transmissions homme-singe des rétrovirus a permis d’identifier des contacts spécifiques qui sont associés à un facteur de risque de transmission de ces virus à l’homme. Cette découverte permet aux équipes actuellement impliquées d’étudier les autres facteurs épidémiologiques qui contribuent à ce que la transmission inter-espèce originelle conduise ou non à une pathologie chez l’homme ou à une diffusion dans l’espèce humaine.

Après une séance de discussions avec les participants, la conférence s’est achevée par le mot de remerciements et de clôture par le Directeur Général du Centre Pasteur du Cameroun et les applaudissements de l’assistance.

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