Projet PRIVAR

     « Analyse de la réponse cellulaire au vaccin rougeole chez les nouveau-nés infectés par le VIH au Cameroun »

    Ce projet est conduit par le Dr. Mathurin Tejiokem en partenariat avec  le Laboratoire de Génomique Virale et Vaccination de l’Institut Pasteur de Paris (Dr. Michèle Février) avec le soutien de l’ANRS.

    Une étude précédente au CPC a montré que des enfants nés de mères séropositives pour le VIH ont une réponse humorale plus faible après la vaccination rougeole lorsqu’ils sont eux-mêmes infectés. L’objectif de  PRIVAR est d’évaluer la réponse cellulaire après une vaccination rougeole chez des enfants infectés par le VIH. L’analyse précise du niveau d’immunisation tant humorale que cellulaire chez ces enfants permettra de déterminer si des campagnes de vaccination répétées seraient nécessaires dans les zones de haute prévalence du VIH.

      Les réponses étudiées incluent les réponses cellulaires T adaptatives développées après vaccination ainsi que les réponses immunes innées impliquant les cellules NK. La sécrétion de cytokines, principalement l’Interféron gamma (IFNg), en réponse à une vaccination rougeole a été mise en évidence tant au niveau T CD4+ que T CD8+ confirmant la présence d’une réponse cellulaire spécifique post-vaccinale au virus de la rougeole. La détection de la réponse spécifique T après vaccination anti-rougeole est importante pour appréhender l’ensemble des réponses induites et éventuellement corréler avec l’efficacité des vaccins utilisés. Peu d’études ont été réalisées sur la dynamique des réponses T spécifiques anti-rougeole chez des enfants séropositifs pour le VIH. 

    A fin 2012, trois groupes de nourrissons inclus dans la cohorte prospective PEDIACAM coordonnée par le CPC ont été analysés : enfants nés de mères séropositives infectés (n=44) et non infectés (n=31) et enfants non-inféctés nés de mères séronégatives (n=47). Des modifications dans le répertoire NK ont été observées chez les nourrissons infectés, comparés aux non-infectés. Douze récepteurs NK différents ont été analysés pour chaque enfant dans les 3 groupes et à chacune de leur visite. L’analyse des activités cytotoxiques est en cours. Une analyse comparative avec la réponse humorale nous permettra d’évaluer le type de réponse immune qui prédomine dans les différents groupes d’enfants. Le rôle de la thérapie antirétrovirale ainsi que d’autres facteurs, comme le rôle des rappels de vaccination sont en évaluation.

     Cette étude pourrait se prolonger par une analyse de réponses cellulaires immunes (spécifiques et non spécifiques) dirigées contre d’autres pathogènes infectieux endémiques du Cameroun ou des régions voisines, comme les hépatites B et C.