L'infection par le VIH/SIDA

L'infection à VIH est caractérisée au Cameroun par une forte prévalence (5,5% de la population générale fin 2004 selon le Comité National de Lutte contre le SIDA - CNLS) et par la grande diversité génétique du VIH (circulation du VIH-1 groupes M, O, N, CRFs et VIH-2). Les activités du laboratoire de virologie du CPC s'inscrivent dans le programme national de lutte contre le SIDA au Cameroun. Il assure un sérodiagnostic de l'infection, évalue des alternatives pour le dépistage et le suivi biologique des patients VIH positifs, assure une surveillance épidémiologique des virus circulants sur le territoire. Il développe une grande partie de son activité de recherche sur les thèmes de la réduction de la transmission mère enfant du VIH-1 et du Virus de l'Hépatite C (VHC) et sur la diversité génétique des virus présent au Cameroun.

Etude de la TME du VIH-1

Le CPC a initié en janvier 2000, en collaboration avec le CNLS, et les soutiens financiers de BIOMED (Union Européenne) et de la fondation GlaxoSmithKline, un programme pilote pour la réduction de la TME du VIH-1 à Yaoundé. Ce programme, inspiré de l'essai ougandais HIVNET 012, utilise la Névirapine comme antirétroviral préventif de la transmission périnatale du VIH-1. Tout en démontrant l'efficacité de cette intervention dans le cadre d'un programme de santé publique, il nous est apparu essentiel de poursuivre nos efforts pour mieux comprendre la transmission in utéro et post natale du VIH-1. Nous avons ainsi greffé différents projets de recherche, visant i ) à mieux connaître l'expression des cytokines placentaires en réponse à différents régime d'ARV dans le cadre d'une étude multicentrique (projet ANRS 1267), ii ) de mieux connaître les mécanismes liés à la transmission post natale via l'allaitement maternel 2 (projet ANRS 1234), iii ) d'aborder la problématique des aspects socio-anthropologique liés à l'allaitement maternel dans les pays du sud (projet ANRS1271) et enfin d'aborder la problématique des résistances aux ARV chez les femmes enceintes naïves ou non de traitements antirétroviraux (Projet FSP/MAE/RIIP). Ces études nous auront également permis d'observer qu'il existait une relation entre le taux de transmission et la période d'accouchement, suggérant un rôle éventuel de la co-infestation palustre dans la TME in utéro.

1 Low Rate of HIV-1 Mother-To-Child Transmission (MTCT) after Névirapine intervention in a Pilot Public Health Program in Yaoundé, Cameroon. Ahidjo Ayouba, Gilbert Tene, Patrick Cunin, Yacouba Foupouapouognigni, Elisabeth Menu, Anfunbom Kfutwah, Jocelyn Thonnon, Gabriella Scarlatti, Marcel Monny-Lobé, Charles Kouanfack, Michèle Tardy, Robert Leke, Maurice Nkam, Anne E. Nlend, Françoise Barré-Sinoussi, Paul M.V.Martin; Eric Nerrienet for The Yaounde and European Network for the study of in utero transmission of HIV-1". Sous presse à JAIDS

2 Compartmentalization of HIV-1 between breast milk and blood of HIV-infected mothers . Becquart P, Chomont N, Roques P, Ayouba A, Kazatchkine MD, Belec L, Hocini H. Virology. 2002 Aug 15;300(1):109-17.

3 Mother-to-Child transmission of HIV-1 in relation to season in Yaoundé (Cameroon). 2003. Ahidjo Ayouba; Eric Nerrienet, Elisabeth Menu; Marcel Monny Lobé; Jocelyn Thonnon; Robert J. I. Leke; Françoise Barré-Sinoussi; Paul Martin and Patrick Cunin. . Sous presse dans Am. J. Trop. Med. Hyg.

Etude de la diversité génétique des rétrovirus humains et simiens au Cameroun

Dans le domaine de l'infection à VIH, le Cameroun est caractérisé par la circulation des 3 groupes génétiquement distincts du VIH-1 (groupes M, O et N). Nos travaux ont démontré que la prévalence du VIH-1 groupe O restait stable au cours du temps 1,2 , et que le VIH-1 du groupe N était présent au Cameroun de façon sporadique (<0,1%). La parenté génétique des VIH-1 N avec le gène Env des virus homologues chez certains chimpanzés (SIVcpz) confortait l'hypothèse de l'origine simienne du VIH-1. Nous avons poursuivi nos études en caractérisant de nouveaux SIVcpz chez des chimpanzés naturellement infectés et en développant des outils de dépistage non invasif de l'infection SIVcpz chez le chimpanzé dans son habitat naturel. Ces études nous ont également conduit à comparer les virus STLV (Simian T-Cell Leukemia Virus) de chimpanzé, de gorille, de mandrill et de Cercocebus agilis au virus humain, le HTLV, confortant là encore l'hypothèse de la transmission inter espèce de ce rétrovirus.

1 HIV-1 group O infection in Cameroon, 1986 to 1998. Ayouba A, Mauclere P, Martin PM, Cunin P, Mfoupouendoun J, Njinku B, Souquieres S, Simon F.. Emerg Infect Dis. 2001 May-Jun;7(3):466-7.

2 Phylogenetic analysis of 49 newly derived HIV-1 group O strains: high viral diversity but no group M-like subtype structure . Roques P, Robertson DL, Souquiere S, Damond F, Ayouba A, Farfara I, Depienne C, Nerrienet E, Dormont D, Brun-Vezinet F, Simon F, Mauclere P . Virology .2002 Oct.25;302(2):259-73.

3 HIV-1 group N among HIV-1 seropositive individuals in Cameroon. Ayouba A, Souquieres S, Njinku B, Martin PVM, Müller-Trutwin MC, Roques P, Barre-Sinoussi F, Mauclere P, Simon F, and Nerrienet E. AIDS 2000.14 (16) :2623-2625.

4 SIVcpz in wild chimpanzees. Santiago ML, Rodenburg CM, Kamenya S, Bibollet-Ruche F, Gao F, Bailes E, Meleth S, Soong SJ, Kilby JM, Moldoveanu Z, Fahey B, Muller MN, Ayouba A, Nerrienet E, McClure HM, Heeney JL, Pusey AE, Collins DA, Boesch C, Wrangham RW, Goodall J, Sharp PM, Shaw GM, Hahn BH. Science . 2002 Jan. 18;295(5554):465

5 Simian T cell lymphotropic viruses of subtype B in wild-caught gorilla (gorilla gorilla) and chimpanzee (pan troglodytes vellerosus) from Cameroon. Eric Nerrienet, Laurent Meertens, Anfumbom Kfutwah, Yacouba Foupouapouognigni and Antoine Gessain. Sous presse à Journal of General Virology.

6 Molecular epidemiology of simian T-lymphotropic virus (STLV) in wild-caught monkeys and apes from Cameroon: a new STLV-1, related to human T-lymphotropic virus subtype F, in a cercocebus agilis. Nerrienet Eric, Meertens Laurent, Kfutwah Anfumbom, Foupouapouognigni Yacouba, and Gessain Antoine . Journal of General Virology (2001), 82: 2973-2977.

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