Grippe Humaine

Activités de surveillance de la grippe

Grippe humaine

Le CPC est Centre National de Référence de la Grippe au Cameroun. A ce titre, il effectue une surveillance organisée sous forme de surveillance sentinelle (depuis Novembre 2007) et une surveillance biologique ciblant essentiellement les formes bénignes de la grippe. 16 formations sanitaires réparties dans 7 des 10 régions administratives du Cameroun participent à cette surveillance sentinelle. Le diagnostic biologique se fait grâce à la mise en place des techniques moléculaires (rRTPCR) utilisées par le CDC. La surveillance sentinelle de la grippe au Cameroun est réalisée par leCPC).
 Bilan annuel
1 483 échantillons ont été testés au Cameroun en 2017 et 31% étaient positifs. Le virus Influenza
A/H1N1/2009 a été trouvé de façon majoritaire cette année (tableau ci-dessous).

Pour l’année 2017, deux pics virologiques ont été observés: le premier à virus Influenza (févriermars) et le second à prédominance Influenza A/H1N1/2009 (octobre-novembre).
 Suite des analyses des échantillons issus de l’épizootie de grippe aviaire
Le Cameroun a été victime d’une épizootie de grippe aviaire avec une forte mortalité de volailles dans plusieurs foyers du territoire dans la région du Centre, Sud, Ouest, Adamawa et Littoral en 2016.
Cette épizootie était due aux virus de la grippe aviaire hautement pathogène A/H5N1 mais aucun cas humain n’a été identifié. Le CPC, en collaboration avec l’Institut Pasteur du Cambodge, a procédé au
séquençage complet du génome de trois virus aviaires. Les analyses phylogénétiques ont démontré que le virus H5N1 du Cameroun appartenait au clade 2.3.2.1c, tout comme ceux qui circulent dans
d’autres pays d’Afrique.
L’analyse de 131 paires de sérums des personnes contact (inhibition d’hémagglutination et microneutralisation) a montré que malgré l’absence de cas humains de grippe A/H5N1, une séroconversion a été observée chez 2 patients (1,5%) et 1 patient (0,8%) avait des anticorps préexistants contre la grippe A/H5N1. Ceci traduit une exposition au virus aviaire A/H5N1 des personnes contact en absence d’infection apparente.

Recherche des virus respiratoires non grippaux
Sur les patients recrutés dans les sites sentinelles de la surveillance de la grippe entre octobre 2016 et aout 2017, 217 (21,1%) prélèvements nasopharyngés provenant de malades avec des formes sévères
de grippe (SARI) et 10% de patients avec des formes bénignes (patients ILI) ont été analysés pour la recherche de virus respiratoires non grippaux. Un ou plusieurs virus respiratoires ont été retrouvés dans ≈83% prélèvements (cf. Annexe DS n°1). Le virus respiratoire le plus souvent détecté était HAdV (Human Adenovirus), suivi du HSRV (Human Respiratory Syncitial Virus) et du HRV (Human Rhinovirus).
 

Surveillance des infections respiratoires basée sur les signalement d'événements
Un système de surveillance des infections respiratoires atypiques basé sur le signalement d'évènements clinico-épidémiologiques évocateurs (SBE) a été mis en place au cours de l’année 2017 en complément du réseau sentinelle de surveillance de la grippe. Cette surveillance a pour rôle d’assurer une alerte précoce et une réponse rapide aux menaces de santé publique. Comme première étape de la mise en oeuvre de SBE hospitalier, quatre signaux ont été choisis :
1- Tout professionnel de santé souffrant d’une infection respiratoire sévère.
2- Tout groupe ≥ 2 cas ou une succession de cas d’infections respiratoires sévères.
3- Tout patient présentant une infection respiratoire sévère et ayant été en contact avec un animal malade ou mort.
4- Toute infection respiratoire atypique avec des manifestations cliniques inhabituelles.
Neuf établissements de santé de la ville de Yaoundé ont été sélectionnés pour participer au programme (cf. Annexe DS n°1). Le personnel des sites a été formé. De mai à décembre 2017, 30 signaux ont été détectés et signalés. Parmi ceux-ci, 21 ont été considérés comme de véritables signaux ; 15 patients hébergeaient au moins un des pathogènes respiratoires recherchés. Klebsiella pneumoniae était l’agent pathogène majoritairement identifié (7/15), suivi de Moraxella catarrhalis (6/15) et Influenza A/H1N1/2009 (6/15).