Rôle clé des laboratoires nationaux de référence africains dans les réponses d'urgence aux épidémies

Le Cameroun a accueilli du 18 au 22 juin 2018 la 5eme conférence internationale de l’Alliance des partenaires africains pour l’intervention en cas de flambées épidémiques. Les travaux se sont déroulés au Hilton Hôtel à Yaoundé avec la participation de personnels médicaux civils et militaires représentant une vingtaine de pays africains sous la coordination du US Africa Command.
En effet, la menace des agents pathogènes dangereux émergents et ré-émergents en Afrique devient préoccupante à cause du manque des processus de détection précoce et de réaction immédiate efficace. Les forces armées africaines, jouent des rôles essentiels dans la détection des flambées épidémiques. Afin de réduire le risque de flambée épidémique, il faut un plan d'intervention fiable et validé intégrant les civils et les militaires.
Les objectifs de cette alliance sont, entre autres, de : Promouvoir auprès des organisations de santé et de sécurité nationales, régionales et internationales l'importance du rôle des forces armées dans l'intervention en cas de flambées épidémiques ; et promouvoir des partenariats civilo-militaires efficaces dans les communautés de la santé et de la sécurité ; C’est dans ce cadre le CPC, en tant que Laboratoire National de Référence et de Santé publique, et le Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP) à travers l’OITF (Outbreak Investigation Task Force) ont été conviés à ces assises. Le Dr Eyangoh Sara, Directeur Scientifique du CPC, a présenté le rôle clé du laboratoire dans les réponses d’urgence pendant les épidémies, en prenant comme exemple la place essentielle du CPC dans le système de santé camerounais dans la gestion des épidémies. Elle a insisté sur les défis relevés par l’évaluation du Règlement Sanitaire international dont l’organisation d’un réseau de laboratoire fonctionnel « une santé » et un système de transfert des échantillons. La présentation du CPC a également permis de montrer nos atouts: l’appartenance au RIIP. Ainsi le Dr Eileen Farnon, du Centre de Santé Global de l’Institut Pasteur de Paris, a partagé l’expérience de l’OITF pour montrer comment au sein du RIIP on peut mobiliser les capacités pour soutenir une riposte efficace aux flambées. Cette réunion était enfin une occasion pour le CPC de souligner les différentes opportunités qui se présentent pour renforcer les capacités des laboratoires et de faire un plaidoyer pour que le laboratoire soit d’avantage appuyé et que les nouvelles technologies soient transférés dans les laboratoires nationaux de référence africains afin qu’ils puissent mieux préparer et répondre rapidement aux urgences sanitaires.
Par la suite, environ 80 participants d’une vingtaine de pays ont effectué une visite dans les locaux du CPC afin de mieux apprécier ses compétences techniques et structurelles.

 

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La recherche sur le paludisme perd un de ses éminents scientifiques ce 9 juin 2018 en France

Pr. Ogobara Doumbo, spécialiste du paludisme, éminent médecin et chercheur malien est décédé le samedi 9 juin au matin à Marseille, en France.

Le Pr  Ogobara Doumbo nous a fait l’honneur de visiter le CPC deux fois :

·         En 2014, lors des 2èmes journées Scientifiques du CPC  qui se sont tenues du 09 au 10 juillet.  Le Pr. Ogobara avait donné une conférence inaugurale sur :" L'approche de l'infectiologie en Afrique au 21ème siècle pour la maîtrise de la résistance aux anti-infectieux: exemple du paludisme ».

·         En 2015, Il a  activement participé  au comité scientifique du CPC  tenu les 29 et 30 Septembre comme membre invité.

Le Pr  Ogobara Doumbo a présidé pendant dix ans le département d'épidémiologie de Bamako et a fondé en 2003 dans la capitale malienne le Centre de formation et de recherche sur le paludisme. Il a notamment conçu une stratégie de prévention de la maladie, recommandée par l'OMS. ".Né au Mali dans l’ethnie dogon, le Pr Doumbo était titulaire de deux thèses de médecine, une passée en France et l’autre au Mali.  Spécialiste de parasitologie, il était reconnu dans le monde entier pour sa contribution aux avancées de la recherche dans le domaine de l’épidémiologie et la pathogénèse du paludisme et a été récompensé  par plusieurs prix internationaux.

Les  Autorités du Mali ont décidé d’organiser des funérailles Nationales. L’arrivée de la dépouille mortelle est prévue pour ce mercredi 13 juin 2018. Les cérémonies officielles auront lieu le vendredi 15 juin 2018 à 10h au Palais des Sports et  l’inhumation aura lieu après la prière du vendredi à son domicile de Sirakoro.


 

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Recherche sur le paludisme cérébral

Du 18 mai au 02 juin 2018, le Pr. Tracey Lamb de l’Université d’Utah aux USA a effectué une visite de travail au Centre Pasteur du Cameroun. Accompagnée de deux étudiants en Ph.D, un enseignant - chercheur en Post Doc et un professeur en médecine de l’université d’Emory, cette équipe a travaillé avec le Service de Recherche sur le Paludisme, service avec lequel elle collabore. Objectifs de cette mission au CPC : procéder au lancement de la deuxième phase du projet de recherche sur le paludisme cérébral au Cameroun ; effectuer des formations sur les avancées en matière d’immunologie ; et enfin former à l’utilisation du cymomètre à flux (méthode de diagnostic du paludisme) pour les études immunologiques du paludisme.

Durant son séjour, le Pr. Tracey Lamb a fait une présentation le 30 mai 2018 à la salle de conférence du CPC. Cette conférence, ouverte au public, et portant sur « le mécanisme de pathogenèse du paludisme cérébral » a tenu le public en haleine.

Sortant du cadre du CPC, le Pr. Tracey Lamb et son équipe ont également visité et eu des entretiens fructueux avec différents chercheurs et responsables des autres Centres de recherches et universités Camerounais dont le CIRCB, la Fondation Chantal Biya et l’Université de Yaoundé I. Ces rencontres avaient pour but d’organiser des formations pratiques et théoriques en immunologie fondamentale et appliqué au Cameroun. Ce qui désormais est chose faite car cette équipe a organisé un premier cours en immunologie pratique à l’Université de Yaoundé I. En effet, le CPC, en collaboration avec l’Université de Yaoundé I et l’Université d’Utah ont organisé à Yaoundé une formation sur l’immunologie. Ce cours comportait des concepts basiques de l’immunologie et des informations additionnelles sur les techniques pratiques que les étudiants et chercheurs peuvent utiliser pour étudier l’immunologie sur les patients. Des chefs de département, des enseignants et des doctorants, soit une vingtaine de participants issus des universités d’Etat, des instituts universitaires nationaux et un étudiant de la République Démocratique du Congo ont pris part à cette formation.

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Implémentation de la recherche intensive des cas de TB dans la ville de Yaoundé grâce aux outils moléculaires

En collaboration avec le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), le Centre Pasteur du Cameroun (CPC), Laboratoire National de Référence pour la lutte contre la tuberculose a organisé le jeudi 07 juin 2018 au CPC une rencontre sur « l’implémentation de la recherche intensive des cas de TB dans la ville de Yaoundé grâce aux outils moléculaires». En effet, cette rencontre avait pour objectif de booster le diagnostic Initial de la tuberculose. Y étaient conviés, les personnels de toutes les formations sanitaires de la ville de Yaoundé.
Sous la coordination du directeur scientifique, le Dr Eyangoh Sara et du Secrétaire Permanent Adjoint du PNLT, le Dr Belinga, le Dr Donkeng Valérie, Chercheur au CPC, a fait, pendant ces assises, une présentation sur la : « recherche intensive des cas de tuberculose dans la ville de Yaoundé ». Cette présentation visait à planter le décor sur les objectifs à atteindre au sortir de la rencontre à savoir optimiser l’utilisation des outils de diagnostic existants et nouveaux, mettre sous traitement tous les patients diagnostiqués et promouvoir l’accès universel à la santé pour les malades atteints de tuberculose.

En effet, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), seulement 55% des patients tuberculeux sont diagnostiqués au Cameroun et mis sous traitement. Il faut donc trouver des stratégies pour diagnostiquer les 45% de patients restant, qui probablement ignorent leur statut et contribuent à propager cette maladie. Pour y arriver, les experts ont recommandé qu’en plus des patients reçus en routine dans les formations pour le diagnostic de la Tuberculose, il faudra désormais aussi la rechercher chez tous les patients hospitalisés et ambulatoires (Ceux qui se rendent à la formation sanitaire pour tout autre problème de santé). Grâce à la collaboration de CAMNAFAW, cette recherche précoce de la Tuberculose s’étendra aussi chez les patients qui sont restés dans la communauté. Ainsi, pour tout patient présentant l’un des symptômes suivants : toux, fièvre, perte de poids et sueurs nocturnes, le diagnostic de la Tuberculose sera effectué.

Cependant, il faut noter que l’un des obstacles à l’efficacité de cette lutte est le nombre de laboratoires disposant d’un outil de diagnostic moléculaire. La ville de Yaoundé ne compte que 3 sites disposant d’un TB LAMP : l’Hôpital Jamot, l’Hôpital de district d’Efoulan et le CPC. Pour mieux faire fonctionner le circuit de traitement des échantillons et comptant sur le fait que l’Hôpital Jamot dépiste déjà la moitié des patients tuberculeux de la ville, une répartition de rattachement des centres de diagnostic et de traitement (CDTs) aux deux autres formations sanitaires disposant de l’outil moléculaire a été faite et soumise à l’ensemble des participants pour validation.

Cette réunion était aussi l’occasion de rappeler à tous les consignes concernant le transport des échantillons et statuer sur le retour des résultats. Les participants sont repartis satisfaits des informations reçues pour une meilleure collecte des échantillons et surtout rassurés quant à la vitesse du rendu du diagnostic précoce des malades afin de rapidement les mettre sous traitement.

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