Grippe aviaire

 

La grippe aviaire désigne les différentes formes du virus de la grippe qui infecte les oiseaux sauvages et les oiseaux domestiques. La maladie est également connue sous le nom de peste aviaire.

En 2004, une souche H5N1 du virus a été mise en avant en raison de son danger et de sa transmissibilité à l'homme.

Cette affection est transmissible entre volailles et plus rarement à des mammifères (dont le porc qui est à la fois réceptif aux virus grippaux aviaires et virus grippaux humains), mais elle est habituellement difficilement transmissible à l'homme. Certaines espèces d'oiseaux, et en particulier certains canards sont souvent porteurs asymptomatiques.

Les virus de la grippe aviaire sont classés en deux groupes selon leur capacité à causer des maladies chez les volailles: on distingue les virus hautement pathogènes et les virus faiblement pathogènes. Les virus hautement pathogènes entraînent des taux de mortalité élevés (jusqu’à 100% dans un délai de 48 heures) chez certaines espèces de volailles. Les virus faiblement pathogènes sont aussi à l’origine de flambées épidémiques chez les volailles mais sans que cela entraîne en principe de maladie clinique sévère.

 

Les oiseaux, hôte original

Les virus grippaux de type A circulent de façon permanente chez différentes espèces animales, et notamment chez les porcs, les chevaux et les oiseaux. Ces derniers servent de réservoirs à tous les sous-types de virus A, et sont vraisemblablement l’hôte original des virus de la grippe. Le virus se multiplie principalement dans leur tractus digestif (d’où l’excrétion de grandes quantités de virus dans les fientes) et également dans le tractus respiratoire, notamment chez les volailles. Chez les porcs et les chevaux, le virus se multiplie au niveau respiratoire et provoque une maladie respiratoire comme chez l’homme.

 

L’exemple du virus de Hong Kong

Les réservoirs animaux jouent un rôle important dans l’apparition de nouveaux variants chez l’homme. L’exemple le plus documenté est l’apparition du virus de Hong Kong en 1968. Les virus humains qui circulaient seuls depuis 1957 appartenaient au sous-type A(H2N2). Lors de cet épisode épidémique, deux gènes dont un gène majeur ont été remplacés par leurs équivalents de virus aviaires : H3 a remplacé H2. Le nouveau virus s’est rapidement étendu aux pays voisins puis au monde entier en l’espace d’un an. On sait depuis pourquoi les pandémies de grippe prennent souvent naissance en Extrême-Orient, où la population très dense vit en contact étroit avec les animaux.

 

LA MENACE DE LA GRIPPE D’ORIGINE AVIAIRE

Des virus directement transmissibles à l’homme

Alors que l’on pensait jusqu’alors que le porc était un hôte intermédiaire obligatoire entre les oiseaux et l’homme, l’épisode de « la grippe du poulet » survenu à Hong-Kong en 1997 a montré que des virus aviaires pouvaient directement provoquer des cas humains de grippe, parfois sévères. Durant cette épidémie, 18 personnes ont été contaminées  et 6 en sont décédées. En 2003, le même virus aviaire A(H5N1) a touché deux autres personnes et provoqué un décès, toujours à Hong Kong. Fin 2003 début 2004, ce virus a également provoqué une épizootie qui s’est rapidement propagée à plusieurs pays d’Asie. Il a ensuite gagné l’Europe en 2005 tandis que les premiers cas survenaient en Afrique début 2006, probablement transmis par des oiseaux migrateurs. 


 

Des infections graves chez les volailles

La grippe aviaire, sous sa forme hautement pathogène, comme en 2003, se caractérise chez les volailles par l’apparition brutale d’une maladie grave et très transmissible, d’où les mesures drastiques d’abattage souvent préconisées. Le taux de mortalité peut avoisiner les 100 % en 48 heures. Le virus ne se contente pas d’affecter le seul système respiratoire et digestif, comme pour la forme bénigne : il envahit aussi de nombreux autres organes et tissus, et peut provoquer des hémorragies internes massives qui valent à la maladie le surnom d’« Ebola du poulet »

 

Le risque humain

Côté humain, la contamination par le virus aviaire reste rare, et touche généralement des personnes ayant été en contact étroit avec de la volaille. La mortalité est néanmoins élevée. Au total, 650 cas et 386 décès ont été recensés dans 16 pays (chiffres du 24 janvier 2014 - source OMS), le pays le plus touché étant l’Indonésie avec 195 cas dont 163 décès. Aujourd’hui, le virus H5N1 ne fait pas l’objet d’une transmission interhumaine efficace. Mais la rencontre entre le virus aviaire et le virus humain est actuellement redoutée : elle pourrait conduire à des échanges génétiques entre les deux types de virus et déboucher sur un virus « mosaïque » susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Un tel virus pourrait alors diffuser sur un mode épidémique, voire pandémique.

 

LA GRIPPE D’ORIGINE PORCINE

Principalement illustrée par la pandémie de grippe A(H1N1) survenue en 2009, la transmission de virus porcins à l’homme est un phénomène bien identifié. En revanche, il n’y a jusqu’à présent pas eu d’instauration d’une transmission interhumaine, exception faite pour la grippe A et pendant l’épisode de Fort Dix en 1976, qui a conduit les Etats-Unis à entreprendre une campagne de vaccination massive de la population. 


 

Les porcs peuvent être infectés non seulement par des virus aviaires mais aussi par des virus humains. La composition génétique des virus porcins actuels est donc extrêmement diversifiée : elle peut comprendre à la fois des éléments de virus aviaires et humains. En présence de deux virus, l’un aviaire, l’autre humain, chez un même porc, un virus recombinant peut apparaître,  contaminer les fermiers par voie respiratoire et, après quelques mutations, s’adapter à l’homme et se répandre dans la population. Les virus grippaux des oiseaux constituent donc un gisement de gènes viraux, et l’élevage conjoint du porc et du canard favorise le passage du virus de l’animal à l’homme.

 

Au centre pasteur

Le Centre Pasteur du Cameroun est mandaté par le Ministère de la Santé Publique et l’OMS pour effectuer les tests diagnostiques pour la détection des virus aviaires.