Rage

Activités de surveillance de la rage

La rage est endémique au Cameroun et le chien y est le principal vecteur de la rage humaine. Il n'existe pas encore un plan national de lutte contre la rage au Cameroun. La surveillance passive de la rage animale est supportée par une subvention financière du ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales.

Le diagnostic de la rage est effectué dans le service de virologie du Centre Pasteur du Cameroun (CPC) pour les cas originaires des 7 régions méridionales du Cameroun. Les cas venant des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême Nord sont analysés par le Laboratoire National Vétérinaire à Garoua. Au CPC, le diagnostic chez l’animal est réalisé post-mortem. Ce diagnostic consiste en la détection de la nucléocapside du virus rabique sur un prélèvement frais de la corne d'Ammon et du bulbe de cerveaux d'animaux suspects de rage, grâce à un anticorps spécifique couplé à la fluorescéine (conjugué antinucléocapside lyophilisé et adsorbé, Bio-Rad, Marne la Coquette, France). Les cas qui se révèlent négatifs par cette technique sont testés par une technique de confirmation: isolement du virus rabique sur des cultures de cellulesNeuro2A (neuroblastomes murins).

Au CPC, le diagnostic chez l’homme est réalisé à la fois intra-vitam et post-mortem. Le diagnostic de la rage humaine repose sur la détection moléculaire du génome viral (gène L) par RT-PCR nichée à partir de trois prélèvements sériés de salive prélevés à 3-6 heures d’intervalle (en intra-vitam) et/ou une biopsie de peau nucale (en intra-vitam ou Post-mortem).

Bilan annuel :

Rage animale:

En 2016, 16 têtes de chiens suspects d’être enragés ont été analysées. La plupart des prélèvements (68,8%, 11/16) provenaient de la région du Centre. Dans cette région en particulier, le statut enragé de 81,8% (9/11) de chiens suspects a été confirmé. Au total, 62,5% (10/16) des cas suspects ont été confirmés par le CPC en 2016 : 04 cas originaires de la ville de Yaoundé, 05 cas provenant des autres arrondissements de la région du Centre [Ntui, Okola, Obala et Sa’a (2 cas)] et 01 cas originaire d’Ambam dans la région du Sud. Les cas suspects non confirmés par les analyses biologiques provenaient des régions du Centre (Evoudoula et de Yaoundé), de l’Ouest [Foumban (2 cas)], du Nord-Ouest (Bamenda) et du Sud (Ebolowa).

L’évolution du nombre ainsi que la proportion des positifs enregistrés de 2010 à 2016 est illustrée par la figure 4 suivante.

Figure 4 : Evolution du nombre de prélèvements et du pourcentage de positivité au Centre Pasteur du Cameroun, 2010-2016

Rage humaine:

En ce qui concerne la rage humaine, les prélèvements (salive et biopsie de peau) de 4 personnes suspectés provenant respectivement de Yaoundé, Hawai et Mvog Abang (2 cas), dans la région du Centre, ont été analysés en 2016. Le statut enragé a été confirmé pour 2 des 4 cas analysés : l’un était originaire de Hawai et l’autre de Mvog Abang.

 

Bilan annuel:

En 2016, le CPC a objectivé la circulation de la rage domestique dans les régions du Centre et du Sud. La confirmation biologique de 2 cas de rage humaine originaire de la région Centre en 2016 souligne le fait que le risque de contracter la rage domestique reste actuel au Cameroun. Au vu de l’absence d’un système surveillance sentinelle efficace, il est évident que les données parcellaires actuelles ne permettent pas d’estimer le poids de la rage sur la santé humaine et animale au Cameroun.

 

Bilan des analyses de titrage des anticorps antirabiques

Au vu de la faible demande actuelle, le CPC sous-traite les analyses de titrage des anticorps antirabiques des animaux domestiques avant l’exportation avec le laboratoire vétérinaire départemental de la Haute Garonne (Launaguet, France).

En 2016, le service de virologie a reçu et envoyé 03 sérums pour titrage des anticorps antirabiques. Ce faible nombre des demandes de titrage est lié à la longue suspension des activités du transporteur chargé d’acheminer les sérums en France.